Littérature traduite

  • Le temps des Vikings, c'est ce moment de l'histoire du Moyen Âge, de 800 à l'an mil, où de farouches guerriers venus du Nord sèment la terreur dans de nombreuses villes européennes accessibles par mer ou par voie d'eau. Sur place en un instant, ils pillent, s'emparent des trésors des églises et des monastères, enlèvent des habitants qu'ils échangent contre une rançon ou vendent comme esclaves. On sait moins qu'ils sont aussi ces marchands exceptionnels qui ouvrent de nouvelles voies commerciales entre le Nord, le Califat arabe et l'Empire byzantin. Les Vikings sont les premiers Européens à avoir navigué jusqu'en Amérique.

    Ils se sont installés en Russie, dans les îles britanniques, en Irlande, en Islande et au Groenland. Dernier peuple d'Europe à être christianisé, ils ont développé une poésie d'un raffinement inégalé, mettant en scène les prouesses des guerriers et les aventures des dieux de leur panthéon, confrontés aux géants et aux serpents-dragons.

    L'auteur met à profit les plus récentes découvertes archéologiques (tombes, maisons-halles mais aussi pierres runiques et autres trésors disséminés dans toute la Scandinavie) ainsi que les récits des ambassadeurs arabes. Au temps des Vikings raconte le monde quotidien des paysans ordinaires comme des seigneurs de guerre et des rois - un monde où la magie et les fantômes ont toute leur place - jusqu'à la christianisation et à la normalisation des trois royaumes scandinaves (Danemark, Suède et Norvège) qui s'intègrent à l'Europe du haut Moyen Âge.

    Débarrassés des nombreux mythes et légendes fabriqués depuis des siècles par ceux qui les ont instrumentalisés pour en faire soit de magnifiques guerriers virils, sans peur et sans reproche, soit des barbares, les Vikings redeviennent passionnants.

  • C'est à cette question que s'attachent à répondre Frances et Joseph Gies, dans leur ouvrage, devenu un classique. Ce livre est d'autant plus passionnant pour un lectorat français que les deux historiens nous emmènent en 1250 dans la cité de Troyes, qui était à l'époque, outre la capitale de la Champagne, un des plus importants rendez-vous commerçants d'Europe. Deux foires s'y tenaient chaque année, attirant des marchands venus de Flandre et d'Allemagne, d'Espagne et d'Italie, et de plus loin encore.
    Les Gies nous invitent à visiter la maison d'un bourgeois, à suivre les occupations de son épouse, à assister à la naissance et à l'éducation de leurs enfants, à nous rendre à un mariage et à un enterrement. Ils nous font pénétrer dans les ateliers et les commerces de l'époque, nous accompagnent chez le médecin, battent avec nous le pavé de l'église et de la cathédrale. Puis nous voilà dans la peau d'un étudiant, prenant des notes en latin sur une tablette enduite de cire, nous plongeant dans un livre de Chrétien de Troyes ou de Rutebeuf, deux grands écrivains locaux, ou applaudissant à un théâtre d'un genre nouveau qui sort des murs des églises. Mais les Gies nous rappellent aussi que la vie au Moyen Âge, même dans une ville riche comme Troyes, était souvent accablée de fléaux : la famine, la peste, l'inondation, l'incendie et bien sûr la guerre. Aussi l'ouvrage se ferme-t-il sur une description passionnante du gouvernement de la ville et des relations politiques entre Troyes, les comtes de Champagne et le royaume de France.

  • D'après des sources grecques, arméniennes, arabes et syriaques longtemps ignorées ou juste survolées, le livre de Peter Frankopan dévoile une nouvelle histoire révolutionnaire d'un événement parmi les plus fameux de l'histoire, la première croisade, en plaçant le coeur de son ouvrage à Constantinople, ville capitale de l'Empire Byzantin, de l'Asie mineure et de la Palestine. Professeur d'histoire à Oxford, l'auteur offre un tableau saisissant et original de l'expédition qui ravit Jérusalem des mains des musulmans, bouleversant radicalement notre compréhension de l'ensemble du déroulement de la croisade.

  • Traduit pour la première fois en France, La Vie dans un château médiéval est un classique qui a initié des millions de lecteurs anglophones aux secrets du monde médiéval. Et qui a profondément inspiré George R. R. Martin, le créateur de A Game of Thrones.
    À partir du remarquable château de Chepstow, à la frontière de l'Angleterre et du Pays de Galles, mais aussi des plus admirables châteaux forts français, les grands médiévistes Frances et Joseph Gies nous offrent un portrait saisissant de ce qu'était la vie quotidienne de l'époque et nous montrent l'importance du rôle qu'y jouait le château fort. Les Gies ont le don de rendre à la vie les hommes et les femmes qui vivaient dans et autour du château, le seigneur et la dame, les chevaliers et les soldats, les serviteurs et les paysans, les troubadours et les jongleurs.
    Nous y découvrons comment les seigneurs et les serfs se vêtaient et se lavaient, ce qu'ils buvaient et ce qu'ils mangeaient, quels étaient leurs loisirs et leurs occupations, leurs codes de conduite sexuelle, leurs principes d'ordre et de solidarité. Nous y apprenons le rôle essentiel que jouait l'honneur dans la culture médiévale, le processus d'initiation auquel se soumettaient les chevaliers, l'importance des fêtes religieuses et des liens personnels, et pourquoi le château fort était autant un rempart contre les violences qu'une source de conflit et un enjeu de pouvoir.
    Remarquablement documenté, et aussi plaisant à lire qu'un roman, La Vie dans un château médiéval est l'ouvrage de référence pour quiconque a envie de se plonger, l'espace de quelques heures, dans cette époque fascinante.

  • Ernst H. Kantorowicz (1895-1968), l'un des plus grands historiens du XXe siècle, publie en 1927 la biographie de Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250). Il y renouvelle le genre dans une tentative aboutie d'histoire "totale" qui associe aussi bien les apports de l'économie, de la culture, que de l'interprétation sociale et psychologique. Frédéric, héros hors du commun, se prête à l'exercice : aussi habile en politique qu'à la chasse, précurseur des princes de la renaissance, il crée une cour où se rencontrent les plus grands lettrés de la culture chrétienne, juive et musulmane.
    Passionné par l'astrologie et la divination, architecte à ses heures, il écrit lui-même un traité de fauconnerie. Avec l'empereur Frédéric II, Kantorowicz ouvre des perspectives complètement nouvelles. Il s'intéresse autant aux "réalités" événementielles qu'à la construction de la symbolique et de l'imaginaire politiques et met en lumière les conditions de formation, dès l'époque médiévale, de l'état moderne, séculier, en lutte contre la papauté.
    Trente ans plus tard (1957), Kantorowicz donne un second chef-d'oeuvre : les deux corps du roi. il y poursuit son enquête sur la généalogie de l'etat moderne en tirant, avec une éblouissante érudition, le fil des mutations de la doctrine médiévale de la royauté bicorporelle, et la prolonge par une analyse sur les origines des "religions politiques modernes". Victime des lois de Nuremberg en Allemagne, puis opposant au maccarthysme aux Etats-Unis, Kantorowicz s'emploie à éclairer la genèse des pathologies politiques du XXe siècle.

  • « Grégoire de Tours est né en 538. Après avoir étudié la Bible à Clermont-Ferrand, il a été élu évêque de Tours à l'âge de trente-quatre ans. Cette ville était un centre religieux et politique que se disputaient les Mérovingiens.
    Pendant vingt ans, Grégoire a gouverné ce diocèse que troublaient sans cesse les luttes fratricides de nos rois. Il trouvait néanmoins le temps d'écrire l'histoire à laquelle il était mêlé de près. Quand il est mort en 594, il laissait donc un témoignage hors pair sur ce VIe siècle si peu connu et si important.
    C'est l'époque où l'esprit francien succède à la mentalité gallo-romaine. Une nouvelle langue orale se forme, et le latin de Grégoire en épouse les mouvements naturels, les juxtapositions brutales, la rude vitalité : "Nous tenons en haute estime ta manière d'écrire, parce que le peuple peut la comprendre." » Jean Grosjean.

  • Comment la guerre de Cent Ans a-t-elle été vécue en France et en Angleterre ? Derrière les événements militaires et politiques, comment les populations ont-elles réagi au conflit ? En retard dans le domaine des finances et de l'organisation militaire, la France commença par essuyer de nombreux revers avant de retourner la situation à son profit. Mais, loin du champ de bataille, c'est dans les sociétés elles-mêmes que les changements et les évolutions furent les plus profonds. À travers une étude comparative des deux nations, Christopher Allmand s'attelle ainsi à déchiffrer ce que la guerre signifia pour les hommes des XIVe et XVe siècles, tandis que, peu à peu, on voit émerger de part et d'autre de la Manche les prémices d'un sentiment national. Préface inédite de Jean-Philippe Genet.

  • Entre 1947 et 1956, dans le désert de judée près de la mer morte, furent découvertes des jarres contenant des rouleaux rédigés en hébreu et en araméen par les esséniens, du iie siècle avant j.-c.
    Au ier siècle de notre ère. réunis ici pour la première fois intégralement, ils constituent les plus anciens écrits bibliques connus, témoignage de la culture qui donna naissance aux textes fondamentaux du judaïsme et du christianisme. psaumes attribués au roi david, prophéties d'ezéchiel, jérémie et daniel, révélations prononcées par les anges, dernières paroles de juda, joseph, lévi ou amram : ces textes, fulgurantes poétiques, écho des combats épiques entre le maître de justice et le prêtre impie, entre les fils des ténèbres et les fils de la lumière, sont d'une importance capitale pour éclairer les sources mêmes de notre civilisation, la relation cruciale entre l'homme et le sacré.

  • Les boutons, les binocles, la boussole, l'arbre généalogique, la poudre, à canon ou d'artifice, les cartes, à jouer ou géographique, le Père Noël ou l'université : la vie d'aujourd'hui est faite d'inventions médiévales.
    S'agit-il de s'habiller ? Il faut du goût, mais aussi une culotte, des pantalons, et quelques boutons pour fermer le tout !
    D'organiser son agenda ? Sans les chiffres arabes et le papier cela serait bien compliqué. S'agit-il de manger ? Sans spaghetti, sans macaroni, sans blé moulu tout court, nos repas seraient tristes. et sales car dépourvus de fourchette. Bref, sans les mille et une découvertes de ces siècles curieusement qualifiés d'obscurs, notre quotidien serait digne du Purgatoire, ou plutôt de l'Enfer, car le Purgatoire est lui aussi né au Moyen Age, de même que le Carnaval.
    Dans ces pages au style alerte et à la documentation précise, Chiara Frugoni fait revivre sous un angle inédit la période médiévale.

  • Sous la forme médiévale du bestiaire, cet ouvrage narre l'histoire de plus d'une centaine d'animaux réels ou imaginaires comme la colombe ou le basilic, le cheval et le perroquet, l'âne et le chameau, l'éléphant et le dragon, le phénix et le paon, le céraste et l'unicorne. Ils ont continument accompagné, par leur fonction symbolique, l'affirmation de l'autorité pontificale, mais ont parfois été convoqués par ceux qui entendaient critiquer, réformer ou délégitimer la papauté comme institution.

    Le cheval, prestigieux élément symbolique de pouvoir et de vie de cour, a cavalé pendant quinze siècles auprès des papes. La cour la plus ancienne du palais du Vatican s'appelle encore aujourd'hui Cour du Perroquet en souvenir du fait que pendant des siècles les perroquets ont eu la fonction d'annoncer vocalement le pape en tant que souverain. Comme les rois de France, les papes ont possédé des ménageries ; celle du pape Médicis, Léon X, avait accueilli le magnifique éléphant blanc indien offert par le roi Manuel Ier du Portugal et dont Raphaël nous a laissé le portrait.

    Au revers de cette médaille, l'animal devint aussi un instrument de satire antipontificale, dans les drôleries de superbes manuscrits enluminés, avec des singes et des serpents portant la couronne du pape (la tiare), bien avant que Luther et ses collaborateurs à Wittenberg (Lucas Cranach et Philippe Melanchthon) ne se servent de l'image du pape-âne (Papstesel) pour nourrir leur polémique anti-papale.

  • S'inspirant de deux articles d'Arsenio Frugoni, son père, Chiara Frugoni reconstitue dans ce livre une journée quelconque dans une ville au Moyen Âge. À l'aide de documents précis, fruits d'une prodigieuse érudition, mais surtout d'une iconographie somptueuse, l'historienne raconte par le menu, plutôt qu'elle ne les expose, les différents aspects de la vie urbaine médiévale: de l'artisanat aux superstitions, de la délinquance à la vie en communauté, en passant par toutes les questions que les hommes se posent encore aujourd'hui face à l'au-delà ou, plus prosaïquement, à l'emploi du temps. À la différence d'un documentaire historique, le récit de cette remarquable conteuse nous invite à remonter le temps comme si nous partions en voyage. Le style souple, élégant et d'une très grande précision lexicale de Chiara Frugoni participe au plaisir de la lecture, non moins que l'analyse rigoureuse des fresques et des miniatures qui illustrent son propos. Elle ressuscite un monde disparu tout en démystifiant nombre des stéréotypes qui l'histoire officielle a imposés au fil du temps.

  • Du XIVe au XVIIe siècle, dans toute l'Europe, des femmes et des hommes accusés de sorcellerie ont raconté s'être rendus au sabbat : là, de nuit, en présence du diable, on se livrait à des festins, à des orgies, à l'anthropophagie, à la profanation des rites chrétiens.
    D'où vient le sabbat ? Les accusés se sont-ils laissé extorquer, souvent sous la torture, le récit que leurs juges attendaient d'eux ? Selon Carlo Ginzburg, pas toujours. Dans quelques cas, l'écart entre les questions des juges et les réponses des accusés laisse affleurer des éléments liés à une couche plus profonde. Partant de ces anomalies, appuyé sur un immense matériel documentaire, il a entrepris de retrouver et de recomposer les pièces dispersées de cette histoire nocturne. L'enquête conjugue plusieurs approches auxquelles correspondent autant d'hypothèses : une approche historique qui, des lépreux aux juifs, aux hérétiques et aux sorciers, dessine à la fin du Moyen Âge la place du complot ourdi en son sein par les ennemis de la chrétienté ; une approche morphologique, qui rassemble les éléments disjoints d'une très ancienne culture à fond chamanique, largement attestée dans le monde eurasiatique ; une dernière hypothèse, plus ambitieuse encore, lie l'identification de formes générales de l'expérience essentielle de la mort et de l'au-delà et les structures élémentaires du récit.
    Un programme immense, mais aussi une rigoureuse leçon de méthode qui veut, à chaque moment, rappeler les exigences, les limites et les possibilités du métier d'historien.

  • « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ». En une seule phrase, prononcée dit-on par Arnaud-Amaury, abbé de Cîteaux, peu avant le massacre de Béziers, il semble que soit résumée toute l'histoire de la Croisade contre les Albigeois. Elle a duré cependant près d'un demi-siècle, jusqu'au tragique bûcher de Montségur où les deux cents derniers Cathares furent brûlés vifs, retenus derrière une palissade et sous bonne garde.
    Qui étaient ces centaines de milliers de personnes, qui avaient osé défier le Pape, son clergé, et l'une des armées les plus puissantes de l'époque, composée de combattants de toutes les nationalités ? C'est ce que nous raconte, en quelques dix mille vers et en occitan, cette Chanson de la Croisade albigeoise, écrite et déclamée dans les cours ou devant le menu peuple du Languedoc, par deux clercs - des poètes - dont l'un au moins, plutôt favorable aux hérétiques, est demeuré parfaitement inconnu. Cela n'a pas empêché cette geste haute en couleurs et en péripéties d'entrer dans la mémoire collective, en célébrant, parfois malgré elle et malgré les innombrables victimes de cette guerre, une des plus brillantes civilisations qu'ait connu, avec ses troubadours et ses cours d'amour, le monde occidental, celle du pays d'oc.

  • Le 21 juin 1791, Louis XVI parvient à organiser sa fuite. Quittant le Palais des Tuileries en pleine nuit avec sa famille et des proches, il cherche à gagner secrètement Montmédy où stationnent les armées de Bouillé. On sait ce qu'il advint : le roi fut arrêté dans la petite ville de Varennes et ramené prisonnier à Paris. Deux ans plus tard, le couple royal montait sur l'échafaud. La fuite du roi à Varennes est sans doute l'un des épisodes les plus fameux de l'histoire de la Révolution française, qui fit l'objet de nombreux récits, plus ou moins romancés, de Jules Michelet à Ettore Scola, en passant par Alexandre Dumas. Au point que la légende et l'imagerie d'Épinal ont souvent recouvert la réalité historique. Face à cet événement extraordinaire, l'historien américain Timothy Tackett se donne trois tâches : d'abord raconter dans le détail, presque heure par heure, le déroulement de cette incroyable fuite à partir de l'ensemble des sources et archives disponibles. Ensuite, il explore l'impact de la fuite sur toute la France et restitue l'effervescence politique et sociale ainsi que l'émotion puissante que suscita la trahison du roi dans l'opinion publique, à Paris et en province. Enfin, Timothy Tackett s'efforce de resituer l'événement dans le cours de la Révolution française, et sa radicalisation jusqu'à la Terreur de 1793. Il montre que loin d'être inscrite dans les « gènes » idéologiques de la Révolution, la Terreur doit aussi être comprise à la lumière des événements, notamment par rapport au traumatisme de la trahison du roi et l'émergence de véritables menaces contre-révolutionnaires.

  • Capturé tout jeune lors d'une bataille, Georges de Hongrie passa près de vingt ans en captivité dans l'Empire ottoman du XVe siècle. Converti, il intégra probablement une confrérie de derviches et prêcha l'islam. À son retour en terre chrétienne, devenu moine dominicain, il s'inspire de son expérience pour rédiger son Traité sur les moeurs, les coutumes et la perfidie des Turcs.


    Tout à la fois réquisitoire contre l'islam turc, prophétie apocalyptique, récit de captivité et précis ethnographique, l'ouvrage connut en Occident un succès retentissant.
    Les Turcs y devenaient le repoussoir de l'Occident, le miroir de ses doutes et la figure de toutes ses angoisses. Un rôle appelé à une très longue postérité

  • Francesco Gabrieli a non seulement rassemblé des textes traduits en français par les orientalistes du XIXe siècle, mais également des textes arabes publiés mais non traduits, et des textes manuscrits inédits à ce jour. Epopées, chroniques, portraits, tous les genres se succèdent afin d'éclairer les événements majeurs : siège de Tyr, prise et reconquête de Jérusalem, chute de Damiette, bataille de Tibériade, rencontres sous les murs d'Acre, sans oublier de longues années de paix armée, d'interminables négociations. Sont aussi précisés les grands profils : Baudouin II, Saladin, Nûr ad-Dîn Zinkî, saint Louis, Coeur de Lion, les Templiers, Frédéric Barberousse, Baïbars...
    Par la richesse de la matière, l'abondance des précisions, l'historiographie arabe des Croisades soutient la comparaison avec celle des chrétiens du Moyen Age. Mais on y voit se renverser notre échelle des valeurs.

  • L'idéal d'équilibre et ses liens étroits avec ce qui est juste, sain et ordonné, est resté immuable tout au long de la période médiévale. La place centrale donnée à cet idéal dans le fonctionnement de la nature et de la société est, elle aussi, demeurée immuable. Or, en quelques décennies, entre 1280 et 1360, la culture scolastique de toute l'Europe a vu l'apparition d'un sentiment nouveau de ce qu'était et de ce que pouvait être l'équilibre.
    Dans cette histoire passionnante et fondatrice d'un concept central et pourtant resté oublié de la pensée médiévale européenne, l'historien Joel Kaye, professeur à Columbia, révèle que cette nouvelle conception de l'équilibre et de ses potentialités proprement révolutionnaires est devenue le fondement d'un nouveau modèle d'équilibre systématique, façonné et partagé par les penseurs les plus actifs et les plus novateurs de la période : Pierre Jean Olivi, Jean de Jandun, Marsile de Padoue, Nicole Oresme, Thaddée Alderotti, Jean Buridan, Jean de Salisbury, Thomas Bradwardine.
    En explorant quatre disciplines essentielles du savoir scolastique - la pensée économique, la pensée politique, la pensée médicale et la philosophie naturelle -, l'ouvrage de Joel Kaye, déjà devenu un classique, montre que ce nouveau modèle d'équilibre systématique a ouvert la voiemonde, tant dans les domaines de la médecine et de l'astronomie que dans ceux de l'économie et du fonctionnement de l'Etat et de la société.
    à de nouvelles possibilités de spéculation et de création intellectuelles, qui ont permis une réinvention profonde du

  • Avec La Guerre à l'hérésie , Moore bouleverse toute l'histoire des hérésies telle qu'elle était pensée depuis le XIXe siècle en montrant comment l'Église médiévale a criminalisé les nombreuses oppositions à une époque où s'est affirmée une « monarchie pontificale » absolue et centralisée, théocratique, fondée sur la séparation radicale des clercs et des laïcs et sur la soumission des seconds aux premiers. Les dissidences qui furent persécutées sous le nom d'hérésie étaient en réalité suscitées par des lectures intransigeantes des Évangiles et par le rejet des privilèges comme du pouvoir des clercs. Il s'agissait non pas de mouvements extérieurs au christianisme (par exemple liés au manichéisme, comme on l'a longtemps soutenu dans le cas des prétendus « cathares »), mais de contestations évangélistes et anti-cléricales, toujours liées à des tensions politiques et sociales.
    Dans le livre, abondamment commenté depuis sa sortie en 2012, Moore examine tous les épisodes d'hérésies survenus entre l'an mil et les premiers temps de l'Inquisition (v. 1250). Comme le contexte général de chaque épisode est examiné en profondeur dans toutes ses dimensions, il en ressort une relecture de l'histoire générale du Moyen Âge central en Occident.

  • PREFACE LISTE DES ILLUSTRATIONS USAGES ET CONVENTIONS ABREVIATIONS I. Introduction II. L'Âge de la seigneurie (875-1150) L'ordre ancien La quête de la seigneurie et de la noblesse Contrainte, violence et perturbations Les cultures de la seigneurie III. La domination seigneuriale (1050-1150): L'expérience du pouvoir La papauté Les royaumes de la Méditérranée occidentale Le Léon et la Castille En vue des Pyrénées Les terres impériales La Bavière La Lombardie La France L'Anjou La Flandre Les royaumes du Nord La France capétienne L'Angleterre normande IV. Les crises du pouvoir (1060-1150) Une difficile maturité L'angoisse dynastique Des accomplissements mêlés d'inquiétude L'Église Des sociétés troublées La révolte saxonne et ses conséquences (1073-1125) La France castrale (ca. 1100-1137) Des troubles sur la route des pèlerins (1109-1137) La Flandre: le meurtre de Charles le Bon (1127-1128) L'Angleterre: "Lorsque le Christ et ses saints dormaient" (1135-1154) Une époque de tyrannie?
    V. Résolution: intrusions du gouvernement (1150-1215) Prospérité et crise de la grande seigneurie "Des ombres de paix" Aquitaine: des princes de mauvaise réputation Anjou: la tyrannie de Giraud Berlai Un évêque tyrannique (?) : Aldebert de Mende (1151-1187) La justice de la comptabilité La comptabilité de la fidélité (1075-1150) Comptabilité prescriptive Vers une comptabilité de l'office (1085-1200) La dynamique de la croissance fiscale (ca. 1090-1160) Vers une nouvelle technique (ca. 1110-1175) Angleterre: les Pipe Rolls et l'Échiquier La Flandre: le Grote Briefe et ses origines Sicile: un conservatoire culturel?
    Catalogne: de l'exploitation à la gestion Contrainte, compromis et office Les chartes de franchise: quelques leçons Au seuil de l'office En vue des tours de Notre-Dame Travailler avec le pouvoir La Catalogne L'Angleterre La France L'Église romaine VI. Célébration et persuasion (1160-1225) Cultures du pouvoir Une fidélité chantée Le discours curial Moralisation savante L'expertise : les deux facettes Le savoir Le savoir-faire Pacification Les capuchonnés du Velay Politisation du pouvoir La crise de la Catalogne (1173-1205) La crise de la Magna Carta (1212-1215) Pouvoir des états et pouvoir de l'État Les états des royaumes troublés La grande seigneurie du consensus Vers des états à pouvoir associatif Vers une coutume parlementaire du consentement VII. Épilogue GLOSSAIRE BIBLIOGRAPHIE INDEX

  • Homme instruit et brillant, Cola di Rienzo subjugue les foules par de beaux discours et prend le pouvoir à Rome en 1347. Il a alors 34 ans. Visionnaire politique, humaniste ou encore homme de foi attiré par des idéaux révolutionnaires, Cola di Rienzo apparait tout au long de l'ouvrage comme un leader romantique précurseur de l'Unité italienne. Ambitieux et contradictoire, il n'hésite pas à se mettre en scène dans de superbes cérémonies, s'imaginant déjà empereur. Il connaîtra toutefois une fin pitoyable. Cette nouvelle biographie illumine ce personnage hors du commun qui était avant tout un extraordinaire communicant possédant l'art inné d'utiliser les mots pour séduire et convaincre. Tommaso di Carpegna décrypte les ressorts d'une propagande qui permit à cet homme du peuple d'accéder au pouvoir. Et nous amène ainsi à réfléchir sur le thème toujours d'actualité de la dangereuse puissance de la propagande et des rhétoriques populistes.


  • Panorama de la vie politique, économique, sociale, religieuse à Paris au début du XIIIe siècle, période marquée par la construction de la cathédrale Notre-Dame, le conflit ayant opposé le pape Innocent III et le roi Philippe-Auguste à propos du mariage illégitime de ce dernier, la révolte dans le milieu étudiant, ainsi que la signature de la paix du Goulet avec le roi d'Angleterre Jean.


  • Les templiers

    Barbara Frale

    Le livre se découpe en 6 chapitres suivant l'ordre chronologique et se clôt par une solide bibliographie. Il raconte l'histoire de l'ordre des Templiers, depuis sa formation au début du 12e siècle après la première croisade, jusqu'à sa dissolution en 1312 par le concile de Vienne : un ordre, voué à l'origine à la défense du Saint-Sépulcre, qui devint l'ordre religieux et militaire le plus puissant et le plus riche de toute la chrétienté. Cette histoire glorieuse s'acheva par un procès en hérésie suscité par le roi Philippe le Bel qui, pressé par la crise économique, souhaitait s'emparer des biens des Templiers.
    L'auteur inscrit son récit dans le paysage politique de l'époque : les rivalités entre royaumes et papauté, la société féodale, les croisades, etc. Malgré son érudition, elle adopte un ton narratif très vivant, qui donne au livre le style d'un récit haletant. Vie quotidienne, anecdotes et pratiques de cet ordre mystérieux ont toute leur place à côté de l'intelligence de l'histoire. Elle lève le voile sur les mystères et les scandales qui ont été associés à l'histoire de l'ordre dès son existence. Ses recherches au coeur des archives vaticanes l'ont même amenée à de surprenantes découvertes sur le procès.

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