Cnrs

  • Entre la peur et la compassion, entre le besoin de sécurité, de limites et de frontières d'une part, et le sentiment d'un devoir de sauvetage des victimes d'un monde chaotique d'autre part, y a-t-il place pour un principe partagé, universel, qui ferait des migrants, plutôt qu'un problème, une cause pour tous, au sens d'une épreuve qui nous tire en avant, vers la compréhension et le désir d'un monde commun ?

  • Depuis plusieurs années, les animaux sont devenus un sujet sensible. Documentaires, tribunes, pétitions émaillent l'actualité, dénonçant des actes de maltraitance ou appelant à des mesures en faveur des animaux, et prenant à témoin l'opinion publique. Le droit lui-même s'est fait l'écho de ces préoccupations avec l'introduction des animaux dans le Code civil en 2015.
    C'est ce phénomène social, cette nouvelle sensibilité que scrute cet ouvrage, à sa façon aussi engagé que les tenants de la « cause animale ». Spécialiste de la domestication animale, Jean-Pierre Digard nuance, contextualise, passe de la longue durée historique à l'examen des revendications présentes, et balaye bien des idées reçues. De quels animaux parle-t-on ? Que connaissent les urbains de la vie animale ? L'utilisation d'animaux par l'homme n'a-t-elle pas avant tout été un élément déterminant du processus de civilisation ? Et quelles seraient les conséquences d'une « libération animale » ?
    S'il critique et dénonce les dérives des mouvements animaliste, antispéciste et véganien, cet ouvrage n'en reste pas à une telle prise de position. Plus profondément, c'est le rapport des animalistes à leur propre humanité, et leur façon de diaboliser l'homme, qui sont rigoureusement mis en question.

  • La Préhistoire fascine, mais que sait-on précisément de cette période mal connue dont l'évocation cède trop souvent à la caricature ? Ce nouveau numéro de la Documentation photographique fait le point sur la lente marche qui a mené à la révolution néolithique : première révolution agricole, transition des communautés de chasseurs-cueilleurs vers l'agriculture et la sédentarisation. Illustré de très beaux documents iconographiques, il permet de mieux appréhender la richesse de cette période

  • Est-il justifié de proscrire le mot « race » de la Constitution ?
    Comment penser qu'en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l'emploi du mot « race » ? La délégitimation scientifique du concept de race depuis les années 1970 a-t-elle fait reculer le racisme comme ensemble d'attitudes, de pratiques et de croyances idéologiques ? La lutte antiraciste peut-elle se contenter de modeler son discours sur les derniers résultats de la recherche en génétique, alors qu'il semble exister des « racismes sans race » ?
    La salutaire mise au point de Pierre-André Taguieff explore ces questions polémiques sur la base d'une information exceptionnelle et réellement transdisciplinaire. Elle se distingue par sa rigueur conceptuelle et la clarté de son argumentation là où, trop souvent, règnent la confusion, l'angélisme et la pensée-slogan. L'auteur montre que, depuis les commencements de l'époque moderne, un spectre hante l'imaginaire occidental, tiraillé entre l'idée de l'unité du genre humain et le constat de la diversité des humains.
    Les débats philosophiques et scientifiques sont ici convoqués pour appréhender l'évolution de la pensée occidentale autour de cette notion problématique de « race » et nourrir nos interrogations de citoyens sur les rapports entre le savoir scientifique, la politique et la morale.

  • S'adapter au changement climatique comme au changement global est devenu un objectif vital pour toutes les sociétés. Parfois confrontées de façon brutale à l'exacerbation, en fréquences et en intensité, de phénomènes météorologiques tels qu'inondations, sécheresses ou tornades, elles doivent aussi faire face à l'augmentation des températures et à leurs impacts sur l'équilibre des écosystèmes, l'évolution des espèces, animales et végétales, comme sur le développement des populations humaines, leur condition de vie, leur organisation sociale... Si l'étude des variations du climat au cours du temps montre la capacité des écosystèmes à s'adapter ou à se transformer, l'accélération de certains phénomènes, comme l'augmentation planétaire de la température due aux activités humaines, peut conduire à un point de non-retour. Cet ouvrage, composé d'une cinquantaine d'articles écrits par des scientifiques et experts du sujet, est unique. Il suscite une réflexion sur ce qu'est l'adaptation, et la maladaptation, faisant intervenir plusieurs champs disciplinaires, sectoriels et territoriaux. Tout en montrant les freins et les limites, il témoigne et propose des façons d'agir et de s'adapter.

    Ces contributions viennent en appui à la mise en oeuvre de l'Accord de Paris sur le climat (2015) et en particulier à la COP 23 (23e conférence des Parties de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Bonn, 2017), conférence climatique dont l'une des priorités porte sur l'adaptation, tant dans ses objectifs que dans son financement.

    Cet ouvrage est le résultat d'un partenariat entre le CNRS et le Comité 21.

  • Cavanna et Gouny, Ponticelli et Turquet, Aussudre et Taravella... étrangers et provinciaux, les migrants règnent sur le bâtiment tout au long du XXe siècle.

    Secteur-clé de l'économie française, le bâtiment a trouvé dans la banlieue parisienne un terreau fertile où des populations nouvelles ont fait de la petite entreprise un marchepied pour l'insertion, voire l'ascension. Migrants limousins et italiens s'y bousculent et créent un marché du travail inédit. Tour à tour salariés, intermédiaires, patrons, ces villageois d'origine transforment leurs savoir-faire paysans en qualifications professionnelles recherchées.

    Au coeur des entreprises, la famille fait office de soutien, d'associé, de main-d'oeuvre. Frères et soeurs, épouses et enfants, jouent chacun leur partition dans des compositions changeantes qui traversent les crises des années 1930 et 1970 et qui, pendant la croissance de l'après-guerre, assurent des emplois stables. En détaillant les mécanismes du fonctionnement de l'entreprise familiale, en écartant les clichés qui demeurent attachés aux petites firmes, Manuela Martini renouvelle la compréhension et l'histoire de la « première entreprise » de France.

  • Réfléchir aux concepts clefs de communauté, de société et de culture permet d'expliquer la nature conflictuelle des sociétés d'aujourd'hui, qui conjuguent  tradition, religion et bizness («être un homme nouveau, c'est suivre Jésus et faire du bisnis », dit un Baruya de Papouasie Nouvelle-Guinée), et plus généralement des identités actuelles dans la mondialisation.
    « L'anthropologie est plus que jamais nécessaire dans le monde que nous vivons. Ce n'est pas la biologie moléculaire ni les nanotechnologies qui vont nous apprendre ce que signifie être chiite, sunnite ou pachtoun, ou nous expliquer l'histoire de l'expansion coloniale de l'Occident. Le double mouvement d'intégration des économies et de réaffirmation des identités nationales ou locales est désormais le contexte que nous devons et nous pouvons comprendre ».

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