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  • L'antiféminisme n'est pas une tare du passé. En ont récemment témoigné le « Printemps des pères », la « Manif pour tous », l'opposition à la « théorie du genre » ou encore, de manière tragique, l'attentat, à Toronto, d'un homme se réclamant du mouvement des « célibataires involontaires ». Ces phénomènes, pour être compris et combattus, doivent aujourd'hui être situés dans une perspective historique.
    En analysant différentes expressions de l'antiféminisme depuis le XIXe siècle, dont celui porté par des femmes, les auteurs réunis autour de Christine Bard démontrent la vitalité historique du combat contre les droits des femmes et ses divers points de contact avec l'homophobie et le racisme. Une attention particulière est portée aux controverses provoquées par le masculinisme, volontiers victimaire, au sujet des « droits des pères » et des violences entre les sexes.
    L'ensemble constitue une réponse inédite et nécessaire à un phénomène en pleine expansion.

  • Accessible et riche, inventive sur le plan de la recherche documentaire comme dans la réflexion, cette histoire des sexualités propose de retracer les grandes étapes et les évolutions des normes et des mentalités. C'est à partir du croisement des recherches récentes que se dessine cette nouvelle histoire, prenant en compte aussi bien l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle, que la légitimité des partenaires et le contexte général. Dans la lignée des travaux de Michel Foucault, la sexualité y est présentée comme un fait éminemment culturel, sensible aux évolutions économiques, religieuses et scientifiques, qui structure les cadres mentaux et nourrit l'imaginaire. Plus que jamais, la sexualité est devenue un domaine incontournable en histoire, en s'emparant du vocabulaire politique :
    égalité, domination, discrimination, liberté, libération, révolution.

  • On a longtemps vendu à l'opinion publique l'illusion aujourd'hui hautement inflammable d'une transition écologique merveilleuse, qui créerait emplois et richesses pour tous, tout en redonnant à la nature son lustre d'antan. Cette caverne d'Ali Baba n'existe pas. Au contraire, quoi que l'on fasse, la lutte pour le climat est attentatoire au pouvoir d'achat. Elle nous oblige à nous détourner à moyen terme de cette énergie fossile qui a fait notre fortune pendant deux siècles et à demander aux pays en développement d'en faire autant. Cette guerre pour le climat ne pourra se gagner sans la mobilisation de chacun. Cela nécessite d'appliquer le principe pollueur-payeur, en imposant un prix universel du carbone reflétant la valeur du dommage qu'il génère, quitte à le compenser pour les plus pauvres. Mais les Français sont-ils prêts à sacrifier un peu de leur bien-être aujourd'hui pour améliorer beaucoup le bien-être d'autrui, même si cet autrui n'est essentiellement pas français, et qu'il n'est probablement même pas encore né ? Pour la plupart, ici et ailleurs, la fin du mois passe avant la fin du monde. Ce constat dérangeant pose la question de nos responsabilités envers l'humanité.

  • Qui sont les « classes populaires » ? C'est à cette question que répondent les auteurs de « La vie des idées » à travers des prismes variés : travail et emploi, trajectoires résidentielles, conditions de revenus, pratiques culturelles, ressorts moraux. Ils dressent une cartographie des classes populaires, scindées entre, d'une part, des strates qui s e rapprochent des classes moyennes et, d'autre part, des groupes qui s'enfoncent dans la précarité voire la pauvreté. Or, cette fragmentation du milieu ouvrier est le principal facteur du désarmement identitaire et politique du groupe.

  • D'où vient le « politiquement correct » de la culture ? La diversité culturelle, jusqu'alors au service de la défense du pluralisme, s'est depuis aventurée dans la comptabilité ethnique et biologique au sein du milieu culturel. Elle a alors été prétexte à la construction d'un nouvel académisme en art, accompagné de censures fondées sur un supposé « droit à représenter », où les dogmes ethno-différentialistes mettent à bas les fondements universalistes qui permettent de faire société.
    Le nouvel académisme anti-culturel, qui tue à la fois l'académisme et la contre-culture, transforme l'art en ingénierie sociale et en moyen de contrôle, au nom de notre propre émancipation, et joue le rôle d'un miroir grossissant. Il faut s'en inquiéter : le politiq uement correct viendra-t-il à bout des règles les plus élémentaires de la vie démocratique ?

  • Tout comme le capitalisme a été l'essence du xixe siècle et les médias celle du xxe siècle, la postvérité serait-elle l'essence de notre époque ? L'arrivée de Donald Trump au pouvoir a considérablement changé le monde : elle a démontré que refuser la vérité objective était bien devenu une option politique crédible. Mais en quoi cette « postvérité » dépasse-t-elle le mensonge ? Maurizio Ferraris démonte ce concept pour en étudier tous les rouages et en comprendre le succès. Il décrit, avec l'exactitude et l'engouement qui le caractérisent, la façon dont le nouveau paradigme du vrai découle d'une rencontre : celle de la philosophie postmoderne avec la technologie internet, de la parole avec son média, de l'acteur avec son théâtre. Pour peu que la voix porte, chaque énonciation devient potentiellement vraie et, si la vérité est parfois décevante, voire frustrante, la postvérité est réconfortante. Jusqu'à ce qu'elle se confronte aux autres.

  • Mise en lumière par des scandales sanitaires récents et par la montée en puissance d'associations se réclamant de l'antispécisme et du droit des animaux, la « question animale » a pris ces dernières années en France une importance inédite. Cette problématique est portée dans l'espace public par un ensemble de groupes et d'acteurs qui entendent représenter politi quement les intérêts des animaux à ne pas souffrir au sein des dispositifs d'exploitation.
    Quels sont les ressorts émotionnels, intellectuels et théoriques de cet engagement ? Le mouvement « animaliste » contemporain constitue-t-il une nouveauté et quelles sont les conditions historiques de son émergence ? En quoi son influence croissante change-telle nos perceptions des rapports légitimes entre humains et non-humains ? Quels sont les enjeux et les futurs possibles de cette entreprise singulière de représentation politique ?

  • Nous protégeons les animaux, Daesh égorge des hommes. On pourrait penser que nous vivons sur des planètes différentes... Il n'en est rien. La violence de l'État Islamique se nourrit de notre désarmement, elle est l'envers des progrès pacifiants de la civilisation. Le djihadisme incarne la puissance d'une idéologie religieuse qui nous méprise et nous insulte. C'est là notre vraie blessure : l'histoire est peut-être en train de changer de camp, à notre détriment. Notre pacification sourcilleuse abandonne au djihadisme l'immense fascination pour la violence collective.

  • La société afghane a été marquée de façon durable par la guerre et l'exode d'une partie de sa population, mais également par la présence d'une myriade d'ONG et de forces armées provenant de nombreux pays du globe. L'Homo itinerans se décline ainsi de plusieurs façons, entre le déplacement des réfugiés et la circulation des experts.
    Par petites touches impressionnistes, en racontant des scènes de vie observées parmi les villageois des montagnes afghanes ou à l'occasion d'une soirée entre expatriés à Kaboul, au cours d'un programme de formation dispensé dans un hôtel de luxe d'Abu Dhabi ou lors d'une visite de la jungle de Calais, cet ouvrage évoque des lieux, brosse des atmosphères pour faire voir, entendre et sentir le quotidien de personnes rencontrées durant plus de deux décennies d'itinérances ethnographiques. Adoptant la mobilité comme clé de lecture privilégiée, il s'agit en dernier ressort d'offrir une ethnographie globale de l'Afghanistan.

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