Littérature traduite

  • Après Sapiens qui explorait le passé de notre humanité et Homo Deus la piste d'un avenir gouverné par l'intelligence artificielle, 21 leçons pour le XXIe siècle nous confronte aux grands défis contemporains.

    Pourquoi la démocratie libérale est-elle en crise ? Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle guerre mondiale ? Que faire devant l'épidémie de « fake news » ? Quelle civilisation domine le monde : l'Occident, la Chine ou l'Islam ? Que pouvons-nous faire face au terrorisme ? Que devons-nous enseigner à nos enfants ?

    Avec l'intelligence, la perspicacité et la clarté qui ont fait le succès planétaire de ses deux précédents livres, Yuval Noah Harari décrypte le XXIe siècle sous tous ses aspects - politique, social, technologique, environnemental, religieux, existentiel... Un siècle de mutations dont nous sommes les acteurs et auquel, si nous le voulons réellement, nous pouvons encore redonner sens par notre engagement. Car si le futur de l'humanité se décide sans nous, nos enfants n'échapperont pas à ses conséquences.

  • White

    Bret Easton Ellis

    Que raconte White, première expérience de « non-fiction » pour Bret Easton Ellis ? Tout et rien. « Tout dire sur rien et ne rien dire surtout » pourrait être la formule impossible, à la Warhol, susceptible de condenser ce livre, d'en exprimer les contradictions, d'en camoufler les intentions. White est aussi ironique que Moins que zéro, aussi glaçant qu'American Psycho, aussi menaçant que Glamorama, aussi labyrinthique que Lunar Park, aussi implacable que Suite(s) impériale(s). Loin des clichés toujours mieux partagés, plus masqué que jamais, Bret Easton Ellis poursuit son analyse décapante des États-Unis d'Amérique, d'une façon, comme il le dit lui-même, « ludique et provocatrice, réelle et fausse, facile à lire et difficile à déchiffrer, et, chose tout à fait importante, à ne pas prendre trop au sérieux ».
    Que raconte White en ayant l'air à la fois de toucher à tout et de ne rien dire ? Peut-être que le fil à suivre est celui du curieux destin d'American Psycho, roman d'horreur en 1991 métamorphosé en comédie musicale à Broadway vingt-cinq ans plus tard. Ellis a dit autrefois : « Patrick Bateman, c'est moi. » Il ne le dit plus. Et si Patrick Bateman était devenu président ?
    P.G.

  • Bullshit jobs

    David Graeber

    Considéré comme l'un des penseurs les plus importants de ce début de siècle, David Graeber revient après cinq ans d'enquête pour analyser la notion de Bullshit job ou « Jobs à la con », née sous sa plume et qui a fait le tour du monde. Poche + : parce qu'un livre n'est jamais clos, mais toujours dans le mouvement du monde, Bullshit Jobs sera précédé d'une nouvelle préface inédite de l'auteur.

  • Dans cet essai, Vandana Shiva se confronte au pouvoir des multinationales et des ultrariches.
    Elle dénonce l'impact destructeur du modèle de développement économique linéaire du club des milliardaires - Gates, Buffet, Zuckerberg et autres empereurs modernes - et leur contrôle total sur la finance, l'alimentation, l'énergie, l'information, la santé et même les relations.
    Se fondant sur des faits peu connus et explosifs, elle analyse en particulier comment la soidisant « philanthropie » est le moyen pour ces milliardaires de contourner les structures démocratiques, d'empêcher la diversité et d'imposer des idées totalitaires.
    Elle revendique au contraire droit à vivre, penser, respirer et manger librement, pour que l'humanité ne soit plus au service des 1 % les plus riches.

  • La dialectique infernale du pouvoir et des profits a fini par exaspérer le peuple. Voici le grand réquisitoire du prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz sur ces questions.

  • Retour à Lemberg

    Philippe Sands

    Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands, avocat international réputé, découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l'histoire universelle.

    C'est à Lemberg que Leon Buchholz, son grand-père, passe son enfance avant de fuir, échappant ainsi à l'Holocauste qui décima sa famille ; c'est là que Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin, deux juristes juifs qui jouèrent un rôle déterminant lors du procès de Nuremberg et auxquels nous devons les concepts de « crime contre l'humanité » et de « génocide », étudient le droit dans l'entre-deux guerres.

    C'est là enfin que Hans Frank, haut dignitaire nazi, annonce, en 1942, alors qu'il est Gouverneur général de Pologne, la mise en place de la « Solution finale » qui condamna à la mort des millions de Juifs. Parmi eux, les familles Lauterpacht, Lemkin et Buchholz.
    Philippe Sands transcende les genres dans cet extraordinaire témoignage où s'entrecroisent enquête palpitante et méditation profonde sur le pouvoir de la mémoire.

  • «L'art d'être libre», succès de librairie en Angleterre, est un véritable manifeste de résistance au monde contemporain. Profondément joyeux et nourri de réflexions à la fois historiques, philosophiques et littéraires, il dénigre aussi bien les joies factices de la consommation que l'ennui qui s'est abattu sur le monde à la suite de décennies de recherche exclusive du profit. Un livre qui nous appelle à redevenir des esprits autonomes, enfin libres ...  Poche + : parce qu'un livre n'est jamais clos, mais toujours dans le mouvement du monde, «L'art d'être libre» sera précédé d'une nouvelle préface inédite de l'auteur.

  • Notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre. Nous ne pouvons infléchir les lois de la nature, mais nos comportements, en revanche, peuvent et doivent radicalement changer sous peine d'entraîner un cataclysme. Pour Naomi Klein, la lutte contre les changements climatiques requiert non seulement une réorientation de nos sociétés vers un modèle durable pour l'environnement, mais elle ouvre aussi la voie à une transformation sociale radicale, transformation qui pourrait nous mener à un monde meilleur, plus juste et équitable. Tant par l'urgence du sujet traité que par l'ampleur de la recherche effectuée, Naomi Klein signe ici son livre sans doute le plus important à ce jour.

  • La maison brûle ! La crise climatique est là qui menace  l'équilibre du monde. Des mouvements sociaux ont déclaré l'état d'urgence social et écologique. Mais pourquoi sommes-nous incapables d'agir en conséquence ? Comment éteindre l'incendie ? Depuis plus de vingt ans, Naomi Klein se fait l'écho incisif de la guerre économique qui prend pour cibles les individus et la planète. Elle propose ici la mise en oeuvre du plan de sauvetage : un «New Deal »vert.  

  • A la rentrée 2013, les deux auteurs publient un article dans le prestigieux journal du MIT, Daedalus. Devant le retentissement provoqué par la thèse qu'ils défendent et l'angle choisi pour l'exposer, ils étoffent leur texte pour commettre ce qui s'avère être un essai vif et brillant, qui se veut coup de semonce et livre d'alerte sur l'avenir même de notre civilisation.

    Deux des plus grands intellectuels aux U.S.A. se posent dans cet essai de prospective la question suivante : pourquoi restons-nous inactifs, alors que nous disposons d'informations scientifiques robustes sur le changement climatique et que nous savons quels terribles événements vont suivre ?

    Nous sommes en 2093, avènement de l' « Age de la Pénombre », et les deux historiens futurs se retournent sur leur passé - qui est notre présent et notre avenir (possible). Tout avait pourtant bien commencé avec la création du GIEC en 1988. Mais rapidement le « déni » se répand en faisant valoir l'incertitude des données scientifiques. Les effets du changement climatique s'intensifient, et en 2023, l'année de l'«été perpétuel », il y a 500 000 morts et 500 milliards de dollars de perte. La frénésie pour les énergies fossiles amène les dirigeants à saisir les notes scientifiques sur la fuite de pétrole Bp en 2011. Puis la loi dite de « négation de la hausse du niveau de la mer » est adoptée par certains états. Mais rien n'y fait. La nature se déchaine sans que les mesures nécessaires ne soient prises. Pendant l'été 2041, des vagues de chaleur sans précédent détruisent les récoltes. Panique, émeutes, migration de masse, hausse explosive des populations d'insectes, épidémies. L'ordre social s'effondre dans les années 1950 et les gouvernants, acquis à l'idéologie néolibérale, se retrouvent désarmés devant la nécessité d'une intervention massive de l'état...

    En imaginant la situation vers laquelle l'humanité s'oriente si rien n'est fait, les auteurs démontrent magistralement le double piège dans lesquels la civilisation occidentale est en train de tomber. Deux idéologies inhibantes dominent : le positivisme et le fondamentalisme de marché. Quand les effets du Grand Effondrement se sont fait sentir, les démocraties n'ont d'abord pas voulu, puis pas pu faire face à la crise. Se trouvant dénué de l'infrastructure et de la capacité organisationnelle pour lutter.

    Foisonnant d'érudition, fruit d'un travail de prospective scientifique rigoureux, cet essai veut tenter de lutter contre les obscurantismes intéressés afin d'éviter à l'humanité ce que les auteurs nomment « l'Age de la pénombre ».

  • Qu'est-ce qui distingue l'esprit d'un homme de celui d'un animal ? La capacité de concevoir des outils ? La conscience de soi ? L'emprise sur le passé et le futur ? Au fil des dernières décennies, ces thèses ont été érodées ou même carrément réfutées par une révolution dans l'étude de la cognition animale. Ce livre d'un éthologue mondialement reconnu nous amène à réexaminer tout ce que nous croyions savoir sur l'intelligence animale... et humaine.

  • Avec De la marge au centre, son deuxième essai paru aux États-Unis en 1984, bell hooks poursuit la réflexion initiée dans Ne suis-je pas une femme? Étudiant les succès et les manquements des mouvements féministes qui ont traversé le XXe siècle, elle constate l'échec de la création d'un féminisme de masse qui s'adresserait à toutes. Elle s'attache ainsi, dans un style toujours accessible, à bouleverser les représentations habituelles de la pensée féministe majoritaire en plaçant au centre de sa réflexion les femmes noires et/ou des milieux populaires, insistant sur le besoin profond d'une approche révolutionnaire de ces questionnements.
    Cet ouvrage percutant a imposé bell hooks comme l'une des voix les plus influentes et stimulantes de la scène féministe.

  • Les femmes et le pouvoir

    Mary Beard

    • Perrin
    • 6 Septembre 2018

    Si la question de la place des femmes dans les structures du pouvoir est d'une actualité brûlante, la misogynie a des racines anciennes. Dès l'Odyssée d'Homère, les femmes se sont vues interdire tout rôle de premier plan dans la vie civique, le discours public, indissociable du pouvoir politique, étant défini comme masculin. Pour mieux cerner la violence exercée sur les femmes afin de leur intimer le silence, Mary Beard puisse dans l'histoire de Méduse ou de Philomèle (dont la langue fut coupée), d'Elizabeth Ire ou d'Hillary Clinton. Elle revisite ainsi, avec humour, la question de l'égalité des sexes et explique pourquoi, depuis deux mille ans, l'on a réservé aux femmes qui s'expriment et revendiquent le pouvoir une image détestable. Edifiant et salutaire !

  • Libérée, la sexualité des femmes d'aujourd'hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d'entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d'un manque de désir ou de difficultés à atteindre l'orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu'elles n'ont rien d'anormal et que ce n'est pas à la pharmacie qu'il faut aller chercher la solution. Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
    Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l'orgasme féminin. On y apprend ainsi qu'une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu'au festival Burning Man, où l'orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d'une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l'aide de massages sensuels.

  • Outsiders a renouvelé l'approche de la délinquance en constituant un objet d'étude plus vaste, la déviance, qui inclut des comportements non conventionnels comme ceux des fumeurs de marijuana et des musiciens de jazz. De façon originale cette approche consiste aussi à prendre en compte à la fois le point de vue des déviants et celui des entrepreneurs de morale et des agents de la répression. Par ailleurs, exemple convaincant d'application rigoureuse de la méthode ethnographique à l'étude des sociétés modernes, Outsiders est un jalon majeur dans le développement de cette démarche. A ce double titre, le livre de Becker est, comme Asiles de Goffman, représentatif d'un des courants les plus féconds de la sociologie américaine, connu sous le nom "d'école de Chicago" puis "d'nteractionnisme symbolique".
    Constamment réédité aux Etats-Unis, remarquable par la clarté de son style, Outsiders est devenu un des principaux ouvrages de référence de la sociologie américaine. Dans la postface écrite pour l'édition française, l'auteur analyse les raisons du succès de son livre.

  • Dans ce livre plein de vie et d'humour, Frans de Waal, éthologue réputé, démontre que l'instinct de compassion n'est pas l'apanage exclusif de l'homme. Il révèle également que l'empathie et la coopération représentent des avantages sélectifs décisifs pour la perpétuation des espèces. Un livre de nature et de science à l'évidente portée politique dans notre société occidentale où règnent la concurrence et l'individualisme.

  • Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie 2001, revient dans son premier grand livre consacré à l'Europe sur les contradictions inhérentes à une monnaie qui a été conçue pour rapprocher les peuples et amener la prospérité mais qui a fini par les diviser et plomber son économie.

    Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise et Paul Chemla.

  • «?Il ne s'agit pas ici d'histoire du livre ou du document. Il ne s'agit pas d'histoire des textes, d'histoire de la culture intellectuelle ou d'histoire des cultures populaires, pas même d'une histoire de l'écriture ou des écritures stricto sensu. L'aire disciplinaire qui nous intéresse est ou aspire à être plutôt une histoire des processus et des pratiques de fabrique et d'usage des produits écrits, quelles que soient leur nature et leurs fonctions, y compris (voire surtout) dans leurs dimensions anthropologiques et sociales les plus remarquables et les plus significatives. Du fait de ce choix épistémologique assumé, cet ouvrage, alternant réflexions et exemples, se présente comme une invitation à considérer les témoignages écrits (isolés ou en série, anciens ou récents, élégants ou relâchés, publics ou privés, exposés à la vue de tous ou cachés) comme autant d'épisodes d'un des chapitres les plus riches et les plus passionnants de l'histoire de l'humanité?: celui de ses expressions écrites.?»

  • Toute sa vie, l'être humain ne cesse d'apprendre au contact d'autrui, d'imiter, de reproduire, de recombiner différentes idées ou savoir-être - et de les transmettre.
    Depuis les premiers chasseurs-cueilleurs jusqu'à l'invention d'Internet, le long processus d'évolution de notre espèce ne peut s'expliquer qu'à la lumière de cette spécificité que l'on appelle l'intelligence collective, ou plus simplement la culture. Privé de l'accès à cette source de savoir accumulée au fil des générations et adaptée aux environnements locaux, l'être humain serait incapable de survivre.
    Passant de l'anthropologie et de l'histoire à la psychologie, la biologie ou encore la génétique, Joseph Henrich démontre de manière magistrale et convaincante pourquoi l'être humain est la seule espèce à avoir atteint un tel degré de développement.
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  • Journaliste scientifique, Karin Bojs écrit un livre sur la vie des Sapiens quand sa mère meurt. Cette disparition lui donne envie de remonter sa généalogie par le truchement d'un test ADN. En enquêtant sur les vies et les migrations de ses aïeux, elle retrace le parcours de nos ancêtres à tous : ce petit groupe parti d'Afrique via le Moyen-Orient pour se disperser en Europe, vivant de la chasse puis de la terre, des nomades devenus sédentaires.
    À la lumière des découvertes scientifiques les plus récentes, l'auteure nous raconte la (sur)vie des Sapiens, les inventions décisives, les débuts de la poterie, le premier chien apprivoisé, la première bière, les changements climatiques.
    C'est le grand roman des origines qui se dessine dans cet arbre génétique foisonnant.

  • Il n'est pas vrai - pas même en temps de crise - que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Nuccio Ordine, universitaire italien spécialiste de la Renaissance, met sa culture au service de la défense des humanités. Dans cet ardent pamphlet, il attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L'Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), il montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l'esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l'art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l'amour et la vérité.

  • Après La Troisième Révolution industrielle, Jeremy Rifkin présente ici ce que sera la société collaborative de demain. Selon lui, l'essor des communaux collaboratifs - matérialisés notamment par les sites Internet de partage et la production décentralisée rendue possible par les imprimantes 3D par exemple - remet en cause le modèle économique dominant. Au point que l'essayiste à succès va même jusqu'à prédire l'éclipse du capitalisme actuel.

  • Construire une économie et une société capables d'apprendre, une « nouvelle société de la connaissance », indispensable à l'élévation de la prospérité de nos pays : tel est le défi relevé par les éminents économistes Joseph E. Stiglitz et Bruce Greenwald.

    Dans cet ouvrage, les auteurs proposent un nouveau modèle, dit de « croissance endogène » : en partant du postulat que l'augmentation des revenus est en grande partie attribuable, non pas à l'accumulation du capital, mais au progrès technologique, c'est-à-dire à la capacité à apprendre à mieux faire. Comment les sociétés doivent apprendre ? Et surtout, comment les sociétés doivent apprendre à apprendre ?

    Apprendre à organiser des collectivités d'individus, apprendre à mieux adapter les personnes aux emplois en analysant les avantages comparatifs, apprendre à se développer en sélectionnant les meilleurs entrepreneurs potentiels. Apprendre de notre pratique d'acquisition des savoirs mais également de celle des autres.

    Autrement dit, comment faire évoluer alors notre système éducatif pour qu'il contribue à l'ouverture du savoir vital au développement des sociétés de demain ?

    Un des points fondamentaux du livre est de démontrer que dans ces nouvelles sociétés du savoir et de la connaissance, les marchés laissés à eux-mêmes ne sont pas efficaces. Pire, ils favorisent une réelle stagnation. Aussi, à la doctrine néolibérale, les auteurs opposent la nécessité salvatrice de l'intervention publique : l'instauration d'un régime de propriété plus souple et de nouvelles politiques - industrielle, commerciale, d'investissement - alternatives.

  • Nous vivons un tournant historique.
    Non, nous n'avons pas assisté à « la fin de l'Histoire ». Loin de marquer le début du règne d'une démocratie universelle et d'un capitalisme heureux, la chute du mur de Berlin a inauguré une période de tourments politiques.
    Ascension de partis nationalistes (pensons par exemple au Front national), démagogie (telle que l'incarne Donald Trump), souverainisme (Brexit), tendances autoritaristes d'Europe centrale et d'Europe de l'Est (Hongrie et Pologne), appels à la « grandeur » et à la « pureté » nationale (Narendra Modi en Inde, Vladimir Poutine en Russie), vague générale de xénophobie et de crimes haineux, brutalisation des discours politiques, complotisme, « ère post-vérité », appels à l'érection de murs toujours plus nombreux, toujours plus hauts...
    Tout se passe comme si nous assistions à un grand retour en arrière.
    Comme si la peur, la violence et le repli sur soi l'emportaient sur les espoirs jadis nourris par la mondialisation.
    Quinze intellectuels, chercheurs et universitaires de renommée internationale explorent les racines profondes de la situation qui est la nôtre aujourd'hui, et qu'il est permis d'appeler une « grande régression ». Ils la replacent dans son contexte historique, s'attachent à élaborer des scénarios possibles pour les années à venir, et débattent des stratégies susceptibles de la contrecarrer.

    Arjun Appadurai, Zygmunt Bauman, Nancy Fraser, Bruno Latour, Eva Illouz, Ivan Krastev, Paul Mason, Pankaj Mishra, Robert Misik, Oliver Nachtwey, Donatella della Porta, César Rendueles, Wolfgang Streeck, David van Reybrouck, Slavoj Žižek.
    Préface de Heinrich Geiselberger.

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