Albin Michel

  • L'homo Sapiens sera la vedette de la rentrée littéraire puisqu'il s'est imposé par sa capacité à fictionner, donc à créer des récits mythologiques, des dieux, des lois, du réseau.

    Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d'hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.
    Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ?
    Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l'homme ? À dépendre de l'argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

    Véritable phénomène d'édition, traduit dans une trentaine de langues, Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur.
    Professeur d'Histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l'Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l'humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage. et notre futur.

    « Sapiens s'est rapidement imposé partout dans le monde, parce qu'il aborde les plus grandes questions de l'histoire moderne dans une langue limpide et précise.» Jared Diamond, prix Pulitzer, auteur d'Effondrement.

  • Sapiens retraçait l'histoire de l'humanité.
    Homo Deus interroge son avenir.

    Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu'adviendra-t-il de l'Etat providence lorsque nous, les humains, serons évincés du marché de l'emploi par des ordinateurs plus performants ? Quelle utilisation certaines religions feront-elles de la manipulation génétique ?
    Homo Deus nous dévoile ce que sera le monde d'aujourd'hui lorsque, à nos mythes collectifs tels que les dieux, l'argent, l'égalité et la liberté, s'allieront de nouvelles technologies démiurgiques. Et que les algorithmes, de plus en plus intelligents, pourront se passer de notre pouvoir de décision. Car, tandis que l'Homo Sapiens devient un Homo Deus, nous nous forgeons un nouveau destin.

    Best-seller international - plus de 200 000 exemplaires vendus en France, traduit dans près de 40 langues - Sapiens interrogeait l'histoire de l'humanité, de l'âge de la pierre à l'ère de la Silicon Valley. Le nouveau livre de Yuval Noah Harari offre un aperçu vertigineux des rêves et des cauchemars qui façonneront le XXIe siècle.

  • Après Sapiens qui explorait le passé de notre humanité et Homo Deus la piste d'un avenir gouverné par l'intelligence artificielle, 21 leçons pour le XXIe siècle nous confronte aux grands défis contemporains.

    Pourquoi la démocratie libérale est-elle en crise ? Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle guerre mondiale ? Que faire devant l'épidémie de « fake news » ? Quelle civilisation domine le monde : l'Occident, la Chine ou l'Islam ? Que pouvons-nous faire face au terrorisme ? Que devons-nous enseigner à nos enfants ?

    Avec l'intelligence, la perspicacité et la clarté qui ont fait le succès planétaire de ses deux précédents livres, Yuval Noah Harari décrypte le XXIe siècle sous tous ses aspects - politique, social, technologique, environnemental, religieux, existentiel... Un siècle de mutations dont nous sommes les acteurs et auquel, si nous le voulons réellement, nous pouvons encore redonner sens par notre engagement. Car si le futur de l'humanité se décide sans nous, nos enfants n'échapperont pas à ses conséquences.

  • Ce livre est né d'un cheminement intérieur commencé avec le « drame à trois voix avec choeur » Quand reviennent les âmes errantes où déjà s'esquissait, sur fond de légende chinoise, la vision d'un royaume dans lequel la mort n'est pas une fin définitive.
    Il a aussi un lien, par son style et sa structure, avec les Cinq méditations sur la beauté, mais cette fois ce n'est pas le couple Beauté/ Mal qui est exploré, mais celui de la mort et de la vie : pour François Cheng, il s'agit de donner à voir un « double royaume de la vie et de la mort », dans lequel la première, élevée à sa plus haute dimension, dépasse et englobe la seconde.

  • Retour à Lemberg

    Philippe Sands

    Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands, avocat international réputé, découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l'histoire universelle.

    C'est à Lemberg que Leon Buchholz, son grand-père, passe son enfance avant de fuir, échappant ainsi à l'Holocauste qui décima sa famille ; c'est là que Hersch Lauterpacht et Raphael Lemkin, deux juristes juifs qui jouèrent un rôle déterminant lors du procès de Nuremberg et auxquels nous devons les concepts de « crime contre l'humanité » et de « génocide », étudient le droit dans l'entre-deux guerres.

    C'est là enfin que Hans Frank, haut dignitaire nazi, annonce, en 1942, alors qu'il est Gouverneur général de Pologne, la mise en place de la « Solution finale » qui condamna à la mort des millions de Juifs. Parmi eux, les familles Lauterpacht, Lemkin et Buchholz.
    Philippe Sands transcende les genres dans cet extraordinaire témoignage où s'entrecroisent enquête palpitante et méditation profonde sur le pouvoir de la mémoire.

  • Arrachés violemment à leur terre et à leurs proches, ils furent des millions à se retrouver enchaînés, entassés comme des bêtes dans des bateaux, contraints à traverser à pied forêts ou déserts dans des conditions tellement inhumaines que presque la moitié d'entre eux en mouraient. Ce crime effroyable, qui a dévasté l'Afrique subsaharienne, a pris de nombreux visages au cours des siècles. Car ses exécuteurs et ses commanditaires sont issus de tous les horizons : de l'Afrique elle-même avec la traite interne, des différentes terres musulmanes avec les traites orientales, de l'Europe avec la traite atlantique.
    Pour comprendre l'ampleur et la complexité historique de l'esclavage des Noirs, il faut donc en faire la géographie, qui passe par les routes des différentes traites. C'est cette synthèse que Catherine Coquery-Vidrovitch nous présente ici avec rigueur et pédagogie, loin de toute polémique. Elle s'appuie sur son savoir immense d'historienne de l'Afrique, mais aussi sur le riche matériau réuni dans une série de quatre films intitulée Les Routes de l'esclavage, diffusée par la chaîne ARTE, dont elle a été la conseillère historique, et où interviennent les meilleurs spécialistes issus de nombreux pays.
    Un ouvrage aussi passionnant que terrible, qui révèle les rouages d'un système criminel sur lequel s'est construit en grande partie notre monde actuel.

  • « Ma voix va s'efforcer d'être celle des quarante ou cinquante millions de victimes dont la voix, en Europe centrale, est étouffée, étranglée. [...] Vous savez tous comment la tragédie a commencé. Ce fut quand surgit en Allemagne le national-socialisme, dont la devise fut dès le premier jour : étouffer. »Voyageur infatigable, passionné de littératures et de cultures étrangères, Stefan Zweig partageait avec les grands intellectuels de son temps un pacifisme actif et des rêves humanistes. Face à la montée du nazisme et à l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale, qui le contraignirent à l'exil et à l'errance, il n'eut de cesse de lutter contre l'effondrement de l'Europe.
     Articles, chroniques et essais inédits écrits par Stefan Zweig entre 1911 et 1942, autant de précieux fragments disparus ou encore oubliés qui reflètent l'actualité mouvante de toute une époque et nous font découvrir, à saut et à gambades, les ressorts intimes d'une écriture engagée.

  • Au moment où le site prestigieux de Palmyre, classé au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO, est en train d'être saccagé, quel meilleur guide que Paul Veyne pour parcourir les vestiges d'une si vaste cité, aujourd'hui interdite ?
    Antique métropole florissante, située en plein désert au centre de la Syrie, au nord-est de Damas, Palmyre est l'ancienne Tadmor qui, selon la Bible, aurait été construite par Salomon. Cette importante cité caravanière, fut la plus grande puissance commerciale du Proche-Orient entre le Ier et le IIIe siècle, véritable plaque tournante des échanges entre l'Orient et l'Occident, entre l'Inde, la Chine, la Mésopotamie, la Perse et Rome.
    Au Ier siècle de notre ère, sous Tibère, elle a le statut de province romaine. Elle atteint son apogée sous l'empereur Hadrien au IIe siècle.
    Après 260, Zénobie, la veuve d'Odénat, un notable palmyrénien chargé de coordonner la défense de l'Orient, tenta de prendre le pouvoir et entra en conflit avec Rome. Elle est vaincue en 272 par l'empereur Aurélien. C'est la fin de la splendeur de Palmyre.
    Les grandioses monuments, savant mariage d'architecture gréco-romaine et d'influences locales, s'étirent sur plusieurs kilomètres et sont (étaient) parmi les plus importants du monde antique.

    C'est cette histoire de la « Venise du désert » que nous peint Paul Veyne ; avec lui, nous découvrons cet immense vestige d'un monde aboli.

  • Qui mieux que Philippe de Villiers pouvait tracer le portrait de ce roi très chrétien, canonisé quelques années après sa mort ?
    Le 8 novembre 1226, à la mort du roi de France, Louis VIII le Lion, son fils ainé lui succède sous le nom de Louis IX. Il n'a que 12 ans et sa mère, Blanche de Castille, assume la régence. Le jeune roi gouvernera cependant très vite, mettant fin à la première guerre contre l'Angleterre et à la croisade des Albigeois. Il régularisera les relations entre la France et l'Aragon, matera les féodaux frondeurs et modernisera l'administration. Mais ses multiples participations aux croisades ruineront le pays.
    Il reste malgré tout le roi qui a fait de Paris la capitale la plus prestigieuse de la chrétienté occidentale, avec son université et ses grands monuments (Sainte Chapelle, Notre-Dame), et a favorisé l'essor d'une bourgeoisie active et entreprenante.
    Un roman alerte et plein de fougue, où le pieux saint Louis apparait plus comme un souverain habile et sage, mari empressé et fidèle, qu'un pourfendeur d'infidèles.

  • Réchauffement climatique, extinction de centaines de milliers d'espèces, pollutions globales, guerres de l'eau et d'autres ressources, migrations massives... tous ces dangers convergent et se démultiplient en un péril unique que des certains ont commencé à envisager : celui d'un effondrement global de la civilisation, voire de la biosphère elle-même, engagée dans une tragique « sixième extinction ».
    Première grande synthèse sur cette question d'urgence, quarante spécialistes de toutes disciplines nous livrent ici le fruit de leurs travaux - les philosophes Dominique Bourg et Christian Godin, l'agronome Pablo Servigne, les historiens Jean-Baptiste Fressoz et Valérie Chansigaud, le militante écologiste Lamya Essemlali et la femme politique Delphine Batho, l'ingénieur Philippe Bihouix, la juriste Valérie Cabanes, le biologiste Pierre-Henri Gouyon, le journaliste Stéphane Foucart, l'économiste Gaël Giraud et tant d'autres. Sous la direction du journaliste Laurent Testot et de l'expert en risques Laurent Aillet, Collapsus dresse un état des lieux et nous aide à comprendre les dynamiques en cours afin d'engager nos choix citoyens.

  • « L'Histoire est souvent écrite par les hommes. Si soucieux de leur gloire et de leur puissance qu'ils en oublient qu'ils ont été des fils dont le pouvoir ou l'héritage a été transmis par les femmes.
    Quel fil relie Voltaire à Abélard, Renoir à Charles VII ou le prince Charles à La Fontaine, ou encore à Ramsès II ? Mère, soeur, épouse, amante, muse, mécène, alliée politique, elles les ont accompagnés. Des femmes sans lesquelles aucun de ces hommes n'aurait pu s'accomplir.
    Vous allez découvrir celles qui, par leur intelligence, leur persévérance, leur soutien indéfectible, ont construit la légende de ces hommes et les ont fait entrer dans l'Histoire. ».
    Stéphane Bern

  • Une vivante et remarquable introduction à l'oeuvre de Montaigne, à la fois érudite et accessible à tous.
    Selon une démarche à la fois chronologique et thématique, Sarah Bakewell nous convie à un voyage riche en anecdotes savoureuses dans ce qui a à la fois inspiré et nourri la rédaction des Essais : la vie personnelle du penseur et les événements qui ont marqué son temps. En vingt chapitres, qui sont autant de réponses à la question Comment vivre ?, au fil de ce qui semble une conversation improvisée, on découvre ainsi le philosophe et le chrétien, l'homme solitaire et l'homme politique, mais aussi le voyageur, dans un monde rythmé par les guerres de religion, la dureté et la mort.
    Avec une grande érudition mais aussi une grande clarté, elle restitue ainsi l'essentiel des textes et des intuitions du philosophe. Les Essais y sont exploités comme un guide pour se connaître soi-même, dans toute leur dimension pragmatique, et comme une quête de la meilleure manière de composer sa vie et de l'élever à la hauteur d'une oeuvre d'art.

  • Depuis les premiers liens entre les tribus juives d'Arabie et le Prophète Muhammad jusqu'aux récents conflits du Proche-Orient, en passant par les civilisations de Bagdad et de Cordoue, sans oublier l'Empire ottoman, le monde perse et même l'espace européen, les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans sont ici exposées et analysées en toute impartialité.
    Quelque cent vingt auteurs de tous pays ont participé à cette encyclopédie unique en son genre, dans un esprit d'interdisciplinarité qui permet de rendre compte des multiples facettes du sujet. Les difficultés du temps présent se trouvent ainsi réinterprétées à la lumière d'une histoire resituée dans la longue durée.
    Un ouvrage de référence richement-illustré, à la fois clair et accessible, qui constitue un outil précieux pour une meilleure compréhension entre les cultures.

  • Durant les affrontements des guerres de Religion qui déchirèrent la France entre 1562 et 1598, des enfants catholiques âgés de six à douze ans participaient à l'exécution des hérétiques, se faisant ainsi tueurs, massacreurs et tortionnaires. Comment expliquer une telle présence des enfants au coeur de la violence qui emporte le catholicisme militant dans des rêves sanglants ? L'innocence et la pureté de ces jeunes bourreaux sont paradoxalement exaltées dans les rituels de mise à mort, sorte de théâtre biblique impitoyable, qui confèrent au combat des hommes pour le salut une signification prophétique.
    Denis Crouzet fait la lumière sur ce surgissement de haine sacrée qui, plus qu'un épiphénomène ou une scorie de l'histoire des guerres de Religion, nous permet de pénétrer dans la profondeur des imaginaires qui se cristallisent autour de deux événements majeurs : le massacre de la Saint-Barthélemy et l'assassinat d'Henri III, le dernier souverain de la monarchie des Valois-Angoulême. Dans un contexte angoissant de fin des temps, il montre que le basculement dans l'horreur et l'inhumain devient la seule voie de salut pour les « enfants de Dieu ».

  • Comment un virus H1N1, dont la source et le nom demeurent troubles, a-t-il pu faire plus de ravages encore que la Peste noire du XIVe siècle ?
    À l'heure du 100e anniversaire de la pandémie de grippe espagnole, et alors que nous sommes à nouveau confrontés à de violentes épidémies - Ebola, SIDA, ZIKA -, Laura Spinney ravive la mémoire collective de cet événement inouï et adopte une approche narrative pour le restituer dans toute sa complexité.
    Elle revient aux origines de la maladie, étudie sa composition et ses particularités génétiques, reconstitue étape par étape le déroulement de la catastrophe au fil de tragédies individuelles poignantes, révèle la surprenante virulence, l'extrême étendue et la foudroyante rapidité de l'infection, et considère son impact non seulement sur les sociétés de l'époque, mais aussi sur la naissance des futures politiques de santé. Cette enquête entraîne le lecteur bien au-delà de l'Europe déchirée par la Première Guerre mondiale, des États-Unis à l'Iran, de l'Inde à l'Alaska, de la Russie à la Chine, en passant par le Brésil et l'Afrique du Sud, à mesure que sont tirés de l'oubli les témoignages de personnages, célèbres comme anonymes, confrontés à la maladie.
    À l'échelle du globe, avec ses 50 à 100 millions de morts, la grippe espagnole fit plus de victimes que les deux guerres mondiales réunies, et fut sans doute la plus grande pandémie que l'humanité ait jamais connue.

  • Après les deux volumes d'evolution et techniques (l'homme et la matière et milieu et techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, andré leroi-gourhan, dans le geste et la parole, dont technique et langage est le premier volume, offre une synthèse sur le comportement matériel de l'homme.
    Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. l'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable " paléontologie du langage ". la notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain.
    Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain.

  • Prolongeant Technique et langage, premier volume du Geste et la Parole, dans une perspective sociologique et esthétique, André Leroi-Gourhan continue d'explorer sa vision biologique du phénomène social sous deux aspects, l'un consacré à la mémoire et au geste technique, l'autre au symbolisme des rythmes et des formes.
    Dans une première partie, geste et mémoire sont considérés dans leur évolution, du silex taillé à la machine automatique, des recettes orales à la programmation électronique. La seconde partie débute par une "introduction à une paléontologie des symboles", où sont définis les rapports du comportement esthétique avec les attitudes de l'espèce et la personnalisation du groupe ethnique. L'auteur donne ici les éléments d'une analyse esthétique qui se développe progressivement des perceptions viscérales à l'art figuratif. D'une esthétique physiologique sans symbolisation, le lecteur passe à l'esthétique des formes fonctionnelles, puis aux "symboles de la société" où l'évolution spatio-temporelle du groupe aboutit à la domestication urbaine de l'espace et du temps.
    Revenant sur le langage des formes dans lequel l'art figuratif est pris comme témoin d'une expression abstraite du langage, antécédente puis parallèle à l'écriture, l'auteur tire le bilan des libérations successives de l'espèce humaine, pour poser le problème de l'évolution technique comme substitut et prolongement de l'évolution biologique.

  • La crise financière, la raréfaction des ressources naturelles ne sont perçues que comme des entraves à notre développement. Mais si c'était justement à partir du manque que pouvait naître la nouveauté ? Si c'était là l'occasion de réinventer l'économie ? Le penser plutôt en termes de qualité de vie que de quantités produites, penser la production plutôt en terme de création collective que de fabrication individuelle. Ainsi, Elena Lasida nous présente-elle, dans un style et une méthodologie d'une grande clarté, le développement durable, l'économie solidaire et l'ensemble des alternatives économiques qui émergent ou pourraient émerger.
    Pour chaque piste explorée, elle évoque une expérience personnelle. Mais l'originalité de sa démarche est de puiser dans l'Évangile des outils pour repenser la vie sociale et l'économie. Par exemple, elle utilise la notion de communion pour redéfinir l'économie solidaire comme ce qui fait circuler la vie. Et d'illustrer la suite de son propos par l'exemple de ces repas très soignés, organisés entre Français et immigrés par l'association « Le Goût de l'autre », où saveurs et hommes entrent en dialogue, en une nouvelle circulation, vivifiante pour tous. Une nouvelle vision, stimulante, de l'échange économique.

  • Le préhistorien et ethnologue que fut andré leroi-gourhan livre ici les premières synthèses de sa recherche qui devait déboucher sur l'ouvrage désormais classique : le geste et la parole.
    Théoricien, andré leroi-gourhan retrouvant la tradition des artistes-ingénieurs de la renaissance savait aussi tailler un silex, manier d'anciens métiers à tisser et utiliser toutes les autres techniques qu'il a passé sa vie à décrire, classer, suivre dans leurs lentes évolutions historiques. c'est l'incroyable aventure de l'esprit humain et de sa capacité à transformer la nature sous les contraintes de la matière que leroi-gourhan explore ici.
    Et la grande héroïne de cette histoire, c'est la main.

  • Des premiers Américains, de leurs langues, de leurs cultures, de leurs traditions, que savons-nous réellement ?
    Serge Bramly a passé plusieurs années en Amérique du Nord sur la terre sacrée des Indiens pour y chercher le vrai visage, la dernière voix d'une civilisation millénaire porteuse de vérités essentielles.
    Les religions des Indiens, qu'ils soient des plaines, des montagnes ou des déserts, présentent de remarquables constantes : l'homme n'est jamais seul, l'univers est peuplé de forces actives, invisibles et puissantes, qu'il importe de capter pour survivre.
    Sans elles, l'homme n'est rien. Pour s'allier à elles, se concilier leurs faveurs, les nombreux rites des Indiens, dramatiques ou grandioses, tendent tous vers un seul et même but : la quête de pouvoirs à travers la connaissance divinatoire et religieuse de la nature.
    Les chants indiens qui s'élèvent dans cet ouvrage, d'une beauté poignante, ont l'ampleur de visions prophétiques.

  • Lors des événements tragiques du début de l'année, Abdennour Bidar a été extrêmement présent sur toutes les chaînes de télévision, les radios, la presse écrite. La clarté de ses analyses a impressionné, aucun musulman n'a parlé comme lui. Par la suite, la Lettre au monde musulman qu'il avait d'abord publiée dans Marianne a été lue par deux millions d'internautes (sites de Marianne, Huffington Post, Mediapart.).

    Dans un texte court « d'intervention », mêlant l'analyse à un style proche de l'oral (c'est un « plaidoyer »), Abdennour Bidar nous appelle à faire fructifier l'élan de fraternité qui s'est manifesté le 11 janvier. Ce qui implique d'abord de passer « de l'autodéfense à l'autocritique », tant pour le monde intellectuel et politique français, que pour les musulmans de France qui se cachent derrière le mantra « Pas d'amalgame ! », alors que le monstre terroriste est quand même sorti du « grand corps malade » de l'islam.



    Il faut donc d'abord travailler ensemble à chasser les démons, et analyser les racines du mal, pour construire une nouvelle société où le troisième élément de la devise républicaine, la Fraternité, ne soit plus un vain mot.

  • Le règne de Charlemagne est un moment politique fondateur, qui évoque pour nous la construction des institutions légales de l'Europe chrétienne. Revenant sur cet épisode clé de l'histoire européenne, Jean-Pierre Devroey en tire des réflexions très actuelles : Et si la réinvention carolingienne du pouvoir et le désir de refonder les lois avaient eu affaire avant tout avec la croissance démographique et la menace de la faim ? Et si cette histoire vieille de douze siècles pouvait éclairer le monde d'aujourd'hui ?
    Des décennies durant, les sociétés européennes eurent en effet à affronter des calamités naturelles meurtrières. Confrontant les textes anciens et les découvertes de l'archéologie à l'immense bibliographie récente sur les dynamiques environnementales, qu'il s'agisse de climatologie, de biologie ou de paléoécologie, Jean-Pierre Devroey parvient à faire revivre la peur de l'effondrement qui hanta les sociétés européennes du haut Moyen Âge, et l'extraordinaire effort créatif qui permit leur résilience. À l'heure où notre société est en proie à l'inquiétude environnementale, il offre une leçon de prudence et d'optimisme.

  • Eva Cantarella, Les plus belles histoires d'amour de l'Antiquité. Du ciel à la terre, de Zeus à César Les émotions ont-elles une histoire ? L'amour est-il un sentiment immuable ? Pour y répondre, Eva Cantarella nous invite à revenir vers les Grecs et les Romains, nos ancêtres à la fois proches et lointains. Cette pittoresque peinture des moeurs des Anciens fait renaître les amoureux les plus célèbres de la mythologie grecque, Orphée et Eurydice, Ariane et Thésée, Médée et Jason, sans oublier les innombrables aventures extraconjugales de Zeus, le premier prédateur sexuel. Elle nous donne aussi l'occasion de partager l'intimité de personnages tout aussi illustres mais bien réels, qui ont laissé leur empreinte dans l'histoire romaine : Caton et Marcia, Lucrèce et Collatin, Livie et Auguste, sans compter César, le séducteur par excellence, « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris ». À la lumière du mythe et de l'histoire, Eva Cantarella souligne les similitudes mais aussi les différences dans la manière de concevoir et de vivre, d'une société à l'autre et de l'Antiquité à nos jours, un sentiment aussi complexe que l'amour.

  • Les Français ont perdu confiance. Ils ont le sentiment que le pays fait fausse route. Mais ils hésitent encore sur les raisons qui ont pu les conduire dans cette impasse. A quel moment se sont-ils égarés ?
    Ont-ils été trompés ?
    Pour les éclairer, Eric Zemmour se livre à une analyse sans tabou de ces quarante dernières années qui, depuis la mort du général de Gaulle, ont « défait la France ». En historien et en journaliste qui a connu bien des protagonistes de cette triste épopée, il mobilise aussi bien la politique que l'économie ou la littérature, le cinéma et même la chanson. Revenant sur des faits oubliés ou négligés, mais décisifs, comme la loi de 1973 nous obligeant à nous endetter auprès des marchés financiers, il nous réserve quelques surprises.
    L'auteur relit chronologiquement le passé pour démasquer une succession d'aveuglements technocratiques, de « politique spectacle » délétère, de faux débats et de mensonges, notamment sur la famille, l'immigration, l'Europe ou la mondialisation... Il souligne notamment la responsabilité des élites dans ce fiasco.
    Quarante ans d'indifférence au sort des vrais « invisibles » de la République (ouvriers, paysans, employés et cadres « rurbains » chassés en grande banlieue) ont, avec la crise économique, engendré un peuple blessé et perdu, livré aux nouveaux despotes de Bruxelles.
    Il est temps de faire les comptes ! C'est le premier pas nécessaire pour espérer pouvoir un jour guérir de nos maux.

empty