Littérature traduite

  • « Le pinson des arbres, dans l'Est Londonien, les yeux crevés par des aiguilles rougies au feu, chante aussi en prison quand il s'est habitué à son existence dans le noir et, bien nourri, éprouve un bien être passager qui l'incite à la mélodie. Mais personne, pas même l'amateur d'oiseaux le plus dépravé, ne pourrait soutenir un seul instant que la joie du petit captif aveugle, qu'il chante ou se taise, est le moins du monde comparable à celle du pinson chantant en avril « au sommet du buisson », au milieu du grand monde ensoleillé, bleu au dessus, vert au dessous, avec le désir et le pouvoir, à la fin de la mélodie, de s'envoler rapidement à travers les champs de cristal de l'air vers d'autres arbres et d'autres bois. » À sa mort, en 1922, W. H. Hudson légua la totalité de ses droits d'auteur - ses oeuvres complètes comportent vingt quatre volumes - à la Société Royale pour la Protection des Oiseaux.

  • Pionnier dans le champ des paysages naturels sonores, Bernie Krause déchiffre les voix du sauvage et nous rapporte tout ce qu'elles peuvent nous raconter.

  • Quel rapport entre l'extraction de l'alun dans le Yorkshire, les fantômes dans la roche et la naissance de la géologie ? Entre les voyages de James Cook et l'évolution ? Roger Osborne dresse, dans un époustouflant diaporama, les péripéties, parfois drolatiques, qui ont conduit à la naissance de la géologie en Angleterre. Que savait-on des déboires de William Smith, cet ingénieur qui, en découpant l'Angleterre pour y creuser des canaux, a le premier lié les fossiles aux couches de roche où on peut les trouver ? Et créé la première carte géologique de Grande-Bretagne, s'endettant au point d'y gagner un long séjour en prison ? Des extravagances irrésistibles du pasteur et fameux géologue Buckland ? Et de son ingéniosité diabolique de détective géologue, découvrant dans une grotte, pleine de vestiges de hyènes, les preuves contraires à celles qu'il venait chercher ? Ou des petites misères de négociants qui ont permis ou entravé l'achat des reptiles fossiles, facilitant ou non l'étude paléontologique, et par rebond la géologie ? Arrivés au terme de cette odyssée jubilatoire à travers documents, journaux, relations en tout genre, ce n'est pas à l'accouchement intellectuel d'une science qu'on a été convié, mais à son surgissement dans l'histoire du monde.
    Un livre impossible à oublier.

  • Le Codex de Dioscoride (Ier siècle apr. J.-C.) est l'un des livres de botanique et de médecine le plus lus, commentés et traduits au XVIe siècle. Il en existe de nombreuses versions, en français comme dans beaucoup de langues européennes. La traduction espagnole fut publiée en 1655 par le botaniste Andrés de Laguna, castillan, aventurier et humaniste, mais surtout écrivain au style somptueux.
    Antonio Gamoneda a sélectionné des extraits du VIe livre de ce Codex, «Sur les poisons mortifères et les bêtes sauvages qui crachent le venin», ainsi que les notes et commentaires de Laguna. Conscient que le temps a transformé le langage scientifique de l'époque en une matière et une langue poétiques, il procède à la corruption de ces textes en les passant au tamis d'une sensibilité actuelle. Mais il va plus loin : il ajoute ses propres commentaires qui s'enflent en des récits de plus en plus imaginaires, où apparaît chaque fois le personnage mythique de Cratévas, médecin de Mithridate, qui se livre à des expériences sur les poisons, sur la cruauté, la douleur et le pouvoir.
    Il s'agit donc d'une polyphonie où l'on entend les voix de Dioscoride, de Laguna commentant celui-ci, et enfin de Gamoneda lui-même, dans une traduction en français moderne influencée par la langue des traducteurs lyonnais de Dioscoride au XVIe siècle.

  • Cette édition présente l'oeuvre d'ulisse aldrovandi, un italien du xvie siècle, qui est l'un des fondateurs des sciences naturelles modernes.

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